Gagner sa vie avec les animaux en travaillant 70 heures : est-ce vraiment vivre décemment ?


Toiletteuse canine en fin de journée dans son salon, consultante ses messages près d'un chien, symbole du manque de temps personnel.

Quand j'ai lancé Planipets, j'ai rencontré deux réalités assez différentes chez les professionnels animaliers. Beaucoup avaient du mal à trouver suffisamment de clients pour vivre de leur métier. Mais j'ai aussi découvert des éducateurs, des toiletteurs et d'autres professionnels qui arrivaient à gagner leur vie, parfois plutôt bien, à condition d'y consacrer presque tout leur temps.

C'est cette deuxième situation qui me fait beaucoup réfléchir aujourd'hui. Parce que lorsqu'on me dit qu'un professionnel gagne bien sa vie, j'ai envie de poser une autre question : combien d'heures doit-il travailler pour y arriver ?

Ton agenda est plein. Mais à quelle heure termines-tu vraiment ta journée ?

Je pense à ces journées où un éducateur enchaîne ses séances, rentre de déplacement, répond aux messages des propriétaires et prépare encore les rendez-vous du lendemain. Ou à cette toiletteuse qui a travaillé toute la journée avec des animaux et qui retrouve, le soir, les demandes de devis, les changements d'horaires et les messages auxquels elle n'a pas pu répondre entre deux chiens.

À 22 heures, le téléphone peut encore vibrer. Un propriétaire a une question, quelqu'un veut déplacer un rendez-vous, un nouveau prospect demande un tarif. Lorsqu'on travaille à son compte, on peut facilement se dire qu'il faut répondre, parce qu'on tient à ses clients et qu'on ne veut pas rater une occasion de travailler.

Je ne raconte pas ici l'histoire d'une personne précise : ce sont des situations que beaucoup d'indépendants peuvent reconnaître. Et je me demande combien finissent par trouver normal de travailler le soir, pendant le week-end, ou pendant le temps qu'ils espéraient réserver à leur famille.

Pour moi, le mot « décemment » parle autant d'argent que de temps

Depuis les débuts de Planipets, je répète que je veux aider les professionnels animaliers à vivre décemment de leur activité. Le choix de ce mot est important pour moi. Vivre décemment, cela veut évidemment dire avoir assez de revenus pour payer ses charges, se rémunérer correctement, faire des projets et ne pas vivre avec l'angoisse du mois suivant.

Mais cela signifie aussi pouvoir rentrer chez soi et être réellement disponible. Pouvoir passer une soirée avec ses enfants, voir ses proches, prendre un week-end ou simplement souffler, sans avoir constamment l'impression que l'entreprise va en souffrir.

Alors quand j'imagine un professionnel qui gagne 4 000 ou 5 000 € par mois, mais doit travailler 60, parfois 80 heures par semaine pour maintenir ce niveau de revenu, j'ai du mal à dire que tout va bien. Il a peut-être réussi à développer son activité, et c'est déjà une grande chose. Il reste pourtant une question : a-t-il le temps de profiter de ce qu'il gagne ?

Je sais aussi que certaines personnes aiment travailler énormément et le choisissent. Ce qui me préoccupe, c'est plutôt le professionnel qui voudrait lever le pied, mais qui ne le peut pas, parce que chaque heure retirée de son agenda se transforme immédiatement en revenu perdu.

Nous avons davantage avancé sur le premier problème

Je ne veux pas faire croire que Planipets a déjà résolu cette question. Pour le moment, nous avons surtout consacré notre énergie à la première difficulté : aider les professionnels qui manquent de clients à faire vivre leur activité. C'est notamment le sens du service « Je veux des clients ».

Je considère cette priorité comme nécessaire. Quand une personne n'arrive pas à payer correctement ses charges, lui parler de réduire son nombre de rendez-vous n'a pas beaucoup de sens. Il faut d'abord lui permettre de construire des revenus plus réguliers.

Mais lorsque son agenda commence à se remplir et que son activité se stabilise, je ne voudrais pas que sa seule perspective pour progresser soit d'ajouter encore des séances, des déplacements et des heures à ses semaines. C'est ce qui m'a amené à me demander que faire des nouvelles demandes lorsque l'agenda est déjà complet.

Peut-on gagner davantage sans vendre encore une heure de sa journée ?

Cette question est devenue l'un des fils conducteurs de ce que nous construisons. Nos outils de gestion peuvent déjà aider à économiser du temps : les rappels automatiques évitent certaines relances, la réservation en ligne peut limiter les échanges nécessaires pour fixer un rendez-vous, et un bon suivi des clients permet de retrouver les informations sans chercher partout. Nous présentons plusieurs de ces possibilités sur notre page consacrée aux moyens de gagner du temps avec Planipets.

Nous avons aussi commencé à explorer une autre piste avec Origin. L'idée, avec notre Coup de pouce Origin, est que Planipets partage une partie de ses revenus avec les professionnels qui utilisent vraiment la plateforme. C'est encore un début, et les montants possibles ne remplacent évidemment pas aujourd'hui les revenus d'une activité complète. Mais cela ouvre une réflexion qui m'intéresse beaucoup : pourquoi chaque euro gagné devrait-il nécessairement correspondre à une prestation supplémentaire ?

Je réfléchis aussi à ce que pourraient apporter, selon les métiers, de meilleures offres collectives, une organisation plus souple ou d'autres sources de revenus liées à l'expertise du professionnel. Certaines pistes demandent encore beaucoup de travail, et je préfère les présenter comme des directions plutôt que comme des promesses.

Le jour où un professionnel pourra choisir de travailler moins, nous aurons vraiment avancé

Je me représente parfois une situation très concrète. Un éducateur pourrait-il décider de ne plus travailler le mercredi après-midi pour être avec ses enfants tout en conservant un revenu satisfaisant ? Une toiletteuse pourrait-elle fermer plus tôt deux soirs par semaine sans avoir peur pour la santé financière de son salon ?

Aujourd'hui, je n'ai pas de réponse universelle à ces questions. Chaque métier, chaque clientèle et chaque entreprise ont leurs contraintes. Mais je trouve qu'elles méritent qu'on s'y intéresse sérieusement, et c'est ce qui donne du sens à notre mission chez Planipets.

J'aimerais que nous finissions par juger notre réussite autrement qu'au nombre de rendez-vous enregistrés ou au chiffre d'affaires que la plateforme aide à générer. Si demain un professionnel peut bien gagner sa vie, travailler à un rythme qu'il a choisi et avoir du temps pour les gens qu'il aime, alors Planipets aura participé à quelque chose de vraiment important.

Et toi, à quoi ressemblerait une activité qui te ferait vraiment bien vivre ?

Si tu exerces un métier animalier, je serais curieux de savoir ce qui te manque le plus aujourd'hui : des clients, un revenu plus stable ou du temps pour toi et ta famille. Peut-être que tu as déjà une activité qui fonctionne très bien, mais que tu aimerais simplement retrouver quelques soirées ou journées libres.

C'est exactement le genre de réflexion que j'aimerais continuer à avoir avec les professionnels qui font vivre Planipets. Tu peux découvrir ce que nous construisons et échanger avec moi : ton expérience peut aussi nous aider à décider de ce que nous développerons ensuite.

Nasser Ali Saïd, fondateur de Planipets


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En travaillant avec une professionnelle sur ses cours collectifs, j’ai compris qu’un simple agenda ne suffit pas : places, chiens, critères d’inscription et rentabilité changent complètement la logique.

Vous avez choisi de travailler avec les animaux parce que ce métier compte pour vous. Planipets est construit pour vous aider à mieux en vivre, à développer vos revenus et à préserver du temps pour votre propre vie.