Quand j'entends qu'un professionnel animalier refuse de nouveaux clients parce que son agenda est complet, ma première réaction est de me dire qu'il a réussi quelque chose. Il a travaillé, il s'est fait connaître et suffisamment de propriétaires lui font confiance pour vouloir prendre rendez-vous avec lui. Franchement, beaucoup de professionnels aimeraient en être là.
Mais plus j'y réfléchis, plus je me demande si un agenda rempli plusieurs semaines à l'avance raconte toute l'histoire. Parce que les demandes continuent à arriver, même quand il n'y a plus de place. Et je me pose une question toute simple : qu'est-ce qui se passe ensuite ?
Imagine une toiletteuse qui n'a plus un seul créneau disponible
Une propriétaire appelle pour faire toiletter son chien. Elle aimerait un rendez-vous dans les prochains jours, mais le salon est complet pour plusieurs semaines. La toiletteuse lui explique gentiment qu'elle ne peut rien lui proposer pour le moment. La propriétaire la remercie, raccroche et poursuit ses recherches.
Le lendemain, une autre personne appelle. Puis un message arrive sur les réseaux sociaux, et un autre par le formulaire du site. La toiletteuse prend le temps de répondre, même si elle sait déjà qu'elle n'a pas de place. Je ne raconte pas ici l'histoire d'une personne précise, mais une situation que beaucoup de professionnels peuvent facilement imaginer.
Cette professionnelle a de quoi être fière : son travail plaît et les demandes sont là. Pourtant, elle passe encore une partie de son temps à répondre à des personnes qu'elle ne pourra pas recevoir. Et de leur côté, ces propriétaires restent avec leur problème.
Pour gagner plus, faut-il forcément ajouter des heures ?
C'est là que je vois une limite. Quand on est éducateur canin, toiletteur ou comportementaliste, le revenu vient souvent des rendez-vous réalisés. Une fois toutes les heures disponibles réservées, il devient difficile de gagner davantage sans modifier quelque chose à sa façon de travailler.
On peut accepter des clients plus tôt le matin, travailler le soir ou ouvrir le samedi. Mais jusqu'où ? Je n'ai pas envie que la réussite d'un professionnel se mesure au nombre de soirées qu'il passe encore au travail.
C'est une réflexion qui me tient particulièrement à cœur chez Planipets. J'en parlais dans mon article sur ce que signifie vraiment vivre décemment de son métier. Bien gagner sa vie, c'est important. Pouvoir en profiter et garder du temps pour ses proches l'est aussi.
Le plus intéressant, c'est peut-être ce qui se passe quand on dit non
Quand une personne appelle et qu'on lui répond que l'agenda est complet, cela ne veut pas dire que le professionnel doit accepter quand même. Il a le droit de protéger son temps, de partir en vacances et de terminer sa journée à une heure raisonnable.
Mais je trouve que ces appels méritent qu'on s'y intéresse. Pourquoi les personnes ont-elles choisi ce professionnel ? Reviennent-elles quelques semaines plus tard ou cherchent-elles immédiatement ailleurs ? Combien de demandes arrivent lorsque l'agenda est plein ? Souvent, on connaît très bien le nombre de rendez-vous de la semaine, beaucoup moins celui des personnes auxquelles on a dû répondre non.
Et cette situation me fait réfléchir à ce qu'on pourrait améliorer. Je ne parle pas d'obliger quelqu'un à recevoir davantage de clients. Je parle de trouver des façons plus intelligentes de faire fonctionner son activité lorsqu'elle marche déjà très bien.
C'est l'une des questions sur lesquelles nous travaillons chez Planipets
Au départ, nous avons surtout cherché à aider les professionnels qui ne trouvaient pas assez de clients. C'était indispensable, parce qu'on ne peut pas parler de confort de vie à quelqu'un qui ne gagne pas suffisamment pour payer ses charges.
Mais quand les rendez-vous arrivent et que l'agenda se remplit, le besoin change. On commence à se demander comment préserver son temps et continuer à développer son activité sans rallonger ses semaines.
Nous avons déjà commencé à explorer certaines pistes. Par exemple, pour les éducateurs canins, les cours collectifs peuvent permettre de travailler avec plusieurs participants sur un même créneau. Selon le métier, d'autres approches seront certainement plus adaptées. Je préfère parler de ces idées au fur et à mesure que nous sommes capables de les rendre concrètes et utiles.
Ce qui compte pour moi, c'est que la mission de Planipets concerne aussi les professionnels qui ont déjà beaucoup de travail. Leur problème est différent de celui d'une personne qui débute, et il mérite autant d'attention.
Et toi, que fais-tu quand ton agenda est plein ?
Je serais curieux de connaître ta réponse. Quand une personne te contacte et que tu n'as plus de place, est-ce que tu lui proposes une date très lointaine, est-ce que tu tiens une liste d'attente ou est-ce que tu lui expliques simplement que tu ne peux plus prendre de rendez-vous ?
C'est exactement le genre de questions sur lesquelles j'aime réfléchir avec les professionnels animaliers. Leurs réponses m'aident à comprendre ce qu'il faudrait changer pour qu'ils puissent développer une activité qui leur permette aussi de profiter de leur vie.
Si tu veux découvrir ce que nous construisons, tu peux également en savoir plus sur Planipets Pro.
Nasser Ali Saïd, fondateur de Planipets
















